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:Madame, poursuivit le troisime calender en s'adressant  Zobide, aprs le malheur qui venait de m'arriver, j'aurais reu la mort sans frayeur si elle s'tait prsente  moi. Mais le mal, ainsi que le bien, ne nous arrive pas toujours lorsque nous le souhaitons.
:Il y avait prs du lieu souterrain un gros arbre dont l'pais feuillage me parut propre  me cacher. J'y montai, et je ne me fus pas plus tt plac de manire que je ne pouvais tre aperu, que je vis aborder le btiment au mme endroit que la premire fois.
:Dinarzade ne fut pas plus diligente cette nuit que la dernire, et il tait presque jour lorsqu'elle dit  la sultane : Ma chre soeur, si vous ne dormez pas, je vous supplie de m'apprendre ce qui se passa dans le beau chteau o vous nous laisstes hier. -
:Scheherazade voulait continuer, mais elle vit paratre le jour. Le sultan, curieux de savoir ce que ferait le calender seul dans le chteau, aprs le dpart des quarante dames, remit au jour suivant  s'en claircir.
:Je ne pouvais me lasser d'examiner et d'admirer un si beau lieu, et je n'en serais jamais sorti si je n'eusse pas conu ds lors une plus grande ide des autres choses que je n'avais point vues. J'en sortis l'esprit rempli de ces merveilles ; je fermai la porte, et ouvris celle qui suivait.
:Le vizir, qui connaissait l'humeur vive et bouillante de son matre, se hta de lui obir. Il arriva chez les dames, et leur exposa d'une manire trs-honnte l'ordre qu'il avait de les conduire au calife, sans toutefois leur parler de ce qui s'tait pass chez elles.
:Les deux dames qui demeurent avec moi et qui sont ici prsentes sont aussi mes soeurs de mme pre, mais d'une autre mre. Celle qui a le sein couvert de cicatrices se nomme Amine, l'autre s'appelle Safie, et moi Zobide.
:Qu'il nous fasse la grce de nous protger de mme jusqu' notre arrive en notre pays. coutez-moi, Seigneur, et exaucez ma prire.
:Sire, votre majest ne s'aperoit peut-tre pas qu'il est jour. Si je continuais de parler, j'abuserais de votre attention. Le sultan se leva, rsolu d'entendre, la nuit suivante, la suite de cette merveilleuse histoire.
:Un jour que j'tais seule, occupe  mes affaires domestiques, on me vint dire qu'une dame demandait  me parler. J'ordonnai qu'on la ft entrer. C'tait une personne fort avance en ge. Elle me salua en baisant la terre, et me dit en demeurant sur ses genoux :
:La vieille qui m'accompagnait, poursuivit-elle, extrmement mortifie de l'accident qui m'tait arriv, tcha de me rassurer :
:Comme il vit que l'esclave ne se htait pas d'obir : Frappe donc, continua-t-il : qui t'arrte ? qu'attends-tu ?
:- Pour faire plaisir  votre majest, rpliqua la fe, je remettrai les deux chiennes en leur premier tat, je gurirai la dame de ses cicatrices, de manire qu'il ne paratra pas que jamais elle ait t frappe, et ensuite je vous nommerai celui qui l'a fait maltraiter ainsi.
:Il fit premirement appeler le prince Amin son fils, lui dit qu'il savait son mariage secret, et lui apprit la cause de la blessure d'Amine. Le prince n'attendit pas que son pre lui parlt de la reprendre, il la reprit  l'heure mme.
:Noureddin Ali quitta son beau-pre pour se rendre  l'appartement de sa femme. Ce qu'il y a de remarquable, continua le grand vizir Giafar, c'est que le mme jour que ses noces se faisaient  Balsora, Schemseddin Mohammed se mariait aussi au Caire ; et voici le dtail de son mariage :
:Le sultan d'gypte, choqu du refus et de la hardiesse de Schemseddin Mohammed, lut dit avec un transport de colre qu'il ne put retenir : Est-ce donc ainsi que vous rpondez  la bont que j'ai de vouloir bien m'abaisser jusqu' faire alliance avec vous ?
:En prononant ces dernires paroles, Scheherazade remarqua qu'il tait jour. Elle garda aussitt le silence, et, la nuit suivante, elle reprit ainsi son discours :
:Quoiqu'il assurt que toutes ces choses taient relles, les personnes qui l'coutaient n'en firent que rire ; ce qui le troubla de sorte qu'il ne savait plus lui-mme ce qu'il devait penser de tout ce qui lui tait arriv.
:Sire, dit-elle, aprs que Bedreddin Hassan se fut opinitr  soutenir que tout ce qu'il avait dit tait vritable, il se leva pour entrer dans la ville, et tout le monde le suivait en criant :
:H ! laissons l le bossu, interrompit-elle avec prcipitation, maudit soit le bossu ! Entendrai-je toujours parler du bossu ! Je vous le rpte encore, mon pre, ajouta-t-elle, je n'ai point pass la nuit avec lui, mais avec le cher poux que je vous dis, et qui ne doit pas tre loin d'ici.
:Scheherazade en tait l lorsqu'elle aperut la premire lumire du jour ; quoiqu'il n'y et pas longtemps qu'elle parlt, elle n'en dit pas davantage cette nuit. Le lendemain, elle reprit ainsi la suite de sa narration, et dit au sultan des Indes :
:Le lendemain, ds qu'ils furent tous assembls, ils ne manqurent pas de faire ce que leur matre leur avait enseign. Ils environnrent Agib, et l'un d'entre eux prenant la parole :
:Scheherazade, en cet endroit, remarquant qu'il tait jour, cessa de poursuivre cette histoire. Schahriar se leva rsolu de l'entendre tout entire, et de laisser vivre la sultane jusqu' ce temps-l.
:Il lui fit son compliment, et aprs l'avoir supplie de suspendre ses larmes et ses gmissements, il lui apprit qu'il avait l'honneur d'tre son beau-frre, et lui dit la raison qui l'avait oblig de partir du Caire et de venir  Balsora.
:Lorsqu'il fut prs de cette ville, il fit dresser ses tentes hors de la porte par o il devait entrer, et dit qu'il y sjournerait trois jours pour faire reposer son quipage, et pour acheter ce qu'il trouverait de plus curieux et de plus digne d'tre prsent au sultan d'gypte.
:H bien ! mchant esclave, s'cria le vizir en se tournant vers l'eunuque, aprs cela, ne veux-tu pas convenir que vous tes entrs tous deux chez un ptissier, et que vous y avez mang ?
:Sire, le calife Haroun Alraschid, malgr sa gravit, ne put s'empcher de rire quand le vizir Giafar lui dit que Schemseddin Mohammed menaait de faire mourir Bedreddin pour n'avoir pas mis de poivre dans la tarte  la crme qu'il avait vendue  Schaban.
:Le jour, qui commenait  paratre, empcha Scheherazade de poursuivre son discours ; mais elle en reprit la suite sur la fin de la nuit suivante :
:Scheherazade, voyant que le jour commenait  paratre, n'en dit pas davantage cette nuit. Sur la fin de la suivante elle poursuivit de cette manire, en faisant toujours parler le marchand chrtien au sultan de Casgar :
:Depuis que je connais ce marchand, disais-je en moi-mme, il m'a toujours paru trs-poli : serait-il possible qu'il en ust ainsi par mpris pour moi ? Par quelle raison ne se sert-il pas de sa main droite ?
:En cet endroit, Scheherazade s'arrta parce qu'elle vit paratre le jour. La nuit suivante elle reprit son discours de cette manire :
:Mais, sire, dit Scheherazade, le jour, que je vois paratre, m'empche de continuer mon rcit. Aprs avoir dit ces paroles elle se tut, et la nuit suivante elle reprit sa narration dans ces termes :
:Le mme homme qui m'avait amen m'attendait avec son ne. Je montai dessus et revins au khan de Mesrour. En renvoyant l'homme, je lui dis que je ne le payais pas afin qu'il me vnt reprendre l'aprs-dne  l'heure que je lui marquai.
:Aprs avoir regrett sa mort autant que je le devais, je me mis en possession de tous ses biens, qu'elle m'avait fait connatre, et le ssame que vous avez pris la peine de vendre pour moi en faisait une partie.
:En achevant ces paroles, Scheherazade, voyant paratre le jour, se tut, et Schahriar se leva fort curieux de savoir pourquoi ce marchand avait jur de se laver six-vingts fois aprs avoir mang d'un ragot  l'ail. La sultane contenta sa curiosit de cette sorte sur la fin de la nuit suivante :
:Scheherazade n'en serait pas demeure en cet endroit, si le jour, qu'elle vit paratre, ne lui et impos silence. Le sultan des Indes, qui souhaitait d'entendre la suite de cette histoire, attendit avec impatience la nuit suivante.
:Pendant ce temps-l, je faisais de srieuses rflexions, et considrant le danger o j'tais, je me repentis de m'y tre expos ; je fis des voeux et des prires qui n'taient gure de saison.
:Mais, sire, dit Scheherazade en cet endroit, je vois le jour qui commence  paratre. Schahriar se leva pour aller tenir son conseil, et dans la rsolution d'entendre, le lendemain, la suite d'une histoire qu'il avait coute jusque l avec plaisir.
:Je demeurai dix jours dans l'appartement des dames du calife, continua le marchand de Bagdad. Durant tout ce temps-l je fus priv du plaisir de voir la dame favorite ; mais on me traita si bien par son ordre, que j'eus sujet d'ailleurs d'tre trs satisfait.
:La sultane Scheherazade, remarquant qu'il tait jour, s'arrta en cet endroit. Schahriar se leva en riant de toute sa force de la colre de la dame favorite, et fort curieux d'apprendre le dnouement de cette histoire.
:Voil, messeigneurs, ajouta le marchand de Bagdad en s'adressant  la compagnie, la raison pourquoi vous avez vu que j'ai refus de manger du ragot  l'ail qui tait devant moi.
:Scheherazade parlait ainsi lorsque la lumire du jour, qui commenait  natre, vint frapper ses yeux. Elle demeura aussitt dans le silence ; mais sur la fin de la nuit suivante, elle reprit le fil de son discours de cette sorte :
:L'autre dame qui nous observait, n'en fit d'abord que rire : Je vous l'avais bien dit, s'cria-t-elle en m'adressant la parole, que vous trouveriez mon amie charmante, et je m'aperois que vous avez dj viol le serment que vous m'aviez fait de m'tre fidle.
:La clart du jour, qui se faisait voir dans l'appartement de Schahriar, obligea Scheherazade  s'arrter en cet endroit. Le lendemain elle continua son rcit de cette manire :
:Seigneur, reprit-il, ne me refusez pas la grce que je vous demande, venez vous rjouir avec la bonne compagnie que je dois avoir. Si vous vous tiez trouv une fois avec ces gens-l, vous en seriez si content que vous renonceriez pour eux  vos amis. -
:Scheherazade cessa de parler en cet endroit, pour avertir le sultan des Indes que le jour commenait  paratre. Ce prince se leva, et la nuit suivante la sultane reprit son discours de cette manire :
:Dites-lui, rpondit avec transport mon bent de frre, que j'ai pour elle une passion si violente, qu'il y a quatre nuits que je n'ai ferm l'oeil. Aprs ce compliment de la part de la meunire, il crut devoir se flatter qu'elle ne le laisserait pas languir dans l'attente de ses faveurs.
:Scheherazade, frappe tout  coup par la clart du jour qui commenait  clairer l'appartement de Schahriar, se tut en achevant ces dernires paroles. La nuit suivante elle poursuivit ainsi l'histoire de Bacbouc :
:Scheherazade fut oblige de s'arrter en cet endroit,  cause du jour qu'elle vit paratre. La nuit suivante elle reprit sa narration, et dit au sultan des Indes :
