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:Tout cela consola un peu la pauvre reine, afflige d'avoir mis au monde un si vilain marmot. Il est vrai que cet enfant ne commena pas plus tt  parler qu'il dit mille jolies choses, et qu'il avait dans toutes ses actions je ne sais quoi de si spirituel, qu'on en tait charm. J'oubliais de dire qu'il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tte, ce qui fit qu'on le nomma Riquet  la Houppe.
:A mesure que ces deux princesses devinrent grandes, leurs perfections crurent aussi avec elles, et on ne parlait partout que de la beaut de l'ane et de l'esprit de la cadette. Il est vrai que leurs dfauts augmentrent beaucoup avec l'ge. La cadette enlaidissait  vue d'oeil, et l'ane devenait plus stupide de jour en jour.
:Quoique la beaut soit un grand avantage, la cadette l'emportait presque toujours sur son ane, dans toutes les compagnies. D'abord on allait du ct de la plus belle, pour la voir et pour l'admirer ; mais bientt aprs on allait  celle qui avait le plus d'esprit, pour lui entendre dire mille choses agrables.
:Quand elle fut retourne au palais, toute la cour ne savait que penser d'un changement si subit et si extraordinaire ; car autant qu'on lui avait entendu dire d'impertinences auparavant, autant l'coutait-on dire des choses senses et spirituelles. Toute la cour en eut une joie qui ne se peut imaginer ; il n'y eut que sa cadette qui n'en fut pas bien aise, parce que, n'ayant plus sur son ane l'avantage de l'esprit, elle ne paraissait plus auprs d'elle qu'une guenon fort dsagrable.
:La princesse, tonne de ce spectacle, leur demanda pour qui ils travaillaient. C'est, madame, lui rpondit le plus apparent de la bande, pour le prince Riquet  la Houppe, dont les noces se feront demain. La princesse se souvenant tout  coup qu'il y avait un an qu' pareil jour elle avait promis d'pouser le prince Riquet  la Houppe, pensa tomber de son haut. Ce qui faisait qu'elle ne s'en souvenait pas, c'est que, quand elle fit cette promesse, elle tait une bte, et qu'en prenant le nouvel esprit que le prince lui avait donn, elle avait oubli toutes ses sottises.
:La princesse lui promit sur-le-champ de l'pouser, pourvu qu'il en obtnt le consentement du roi son pre. Le roi, ayant su que sa fille avait beaucoup d'estime pour Riquet  la Houppe, qu'il connaissait, d'ailleurs, pour un prince trs spirituel et trs sage, le reut avec plaisir pour son gendre. Ds le lendemain, les noces furent faites, ainsi que Riquet  la Houppe l'avait prvu, et selon les ordres qu'il en avait donns longtemps auparavant.
